Atelier Design

En collaboration avec l’École nationale supérieure de création industrielle (ENSCI), nous avons proposé un nouvel atelier dans le prolongement de nos précédents échanges sur l’émergence d’un droit neuro-éthique afin de lutter contre les pratiques numériques d’influence et de manipulation des consommateurs.

Cet atelier, intitulé « Vers un design neuro-éthique ? », était organisé sous la direction scientifique de Fabien Lechevalier, doctorant en droit à l’Université Paris-Saclay, et Estelle Hary, Designer et doctorante en Design, RMIT (School of Design). Il a eu pour objectif d’expliquer ce qu’est le design et de montrer comment il pourrait être utilement mis au service d’une lutte efficace contre les pratiques manipulatoires et addictives. Il s’est inscrit dans un dialogue entre designers et juristes, avec en ligne de mire, la lutte contre les deceptives ou dark patterns.

Il a eu lieu le jeudi 13 mars 2025 de 14 h à 18 h dans les locaux de L’ENSCI.

Le programme de l’atelier était organisé comme suit :

Introduction par Sabine Bernheim-Desvaux (Professeure à l’Université d’Angers) & Juliette Sénéchal (Professeure à l’Université de Lille) ; Charlotte Poupon (Directrice des enseignements et de la recherche à l’ENSCI – Les Ateliers) – à confirmer ; et Fabien Lechevalier (Doctorant à l’Université Paris-Saclay) & Estelle Hary (Doctorante à l’Institut royal de technologie de Melbourne)

Intervention introductive : le pouvoir des interfaces par Nolwenn Maudet, Designer d’interaction et chercheuse en design – Maître de conférences à l’université de Strasbourg.

Table ronde 1 : Design & manipulation : tour d’horizon des pratiques actuelles

  • Karl Pineau, Directeur du Média Design Lab de l’École Nantes-Atlantique
  • Melissa Portilla, Designer – Behavioural Insight Team de l’agence BIT
  • Thomas Adhumeau, Chief Privacy Officer chez Didomi

Retours d’expériences : vers un design respectueux des utilisateurs

  • Flora Brochier, Designer responsable de recherche Dark patterns chez Designers Éthiques
  • Marie Potel Saville, CEO – Fairpatterns / Experte « dark patterns » à l’EDPB

Table ronde 2 : Faire entrer le Design dans la régulation

  • Colin Gray, Professeur associé à l’Université de l’Indiana à Bloomington
  • Audrey Pety, Designer au Laboratoire d’Innovation Numérique de la CNIL

Propos conclusifs : le design pour habiter le numérique ? par Dominique Boullier, Professeur des universités en sociologie, Sciences Po Paris

Brève présentation des contributeurs (dans l’ordre des prises de parole)

L.-Thomasset

Laure Thomasset est maître de conférences en droit privé à l’Institut catholique de Paris. Elle est l’auteur d’une thèse intitulée La neuroéthique saisie par le droit. Contribution à l’élaboration d’un droit des neurotechnologies, soutenue le 07 décembre 2021, sous la direction de Mme Muriel Fabre-Magnan et pour laquelle elle a obtenu le Prix de l’Institut de recherche juridique de la Sorbonne (IRJS). Elle s’intéresse en particulier aux questions éthiques et juridiques que soulève le développement des neurotechnologies, et aux enjeux liés au risque comportemental pour établir des règles juridiques.

S.-Desmoulin

Sonia Desmoulin-Canselier, titulaire d’un doctorat en droit privé,  est chargée de recherche CNRS, rattachée au laboratoire Droit et Changement Social (UMR 6297 Université de Nantes/CNRS) et associée à l’Institut des sciences juridique et philosophique de la Sorbonne (UMR 8103 Paris 1/CNRS). Ses travaux portent sur les enjeux juridiques des innovations technologiques et sur les interactions entre les sciences expérimentales et le droit, étudiés comme champs de savoir et de pouvoir. 

E.-Supiot

Elsa Supiot  est professeure en droit privé et sciences criminelles à l’Université d’Angers. Depuis sa thèse, intitulée « Les tests génétiques. Contribution à une étude juridique », publiée aux PUAM et qui a reçu les prix André Isoré et Georges Ripert de la Chancellerie des Universités de Paris et le prix Jean-Marie Auby de l’Association Française de droit de la santé,  ses thématiques de recherche portent sur l’articulation entre droit et sciences et, en particulier, sur les enjeux soulevés par la génétique, tant en matière civile et de santé, qu’en matière pénale. Elle est cotitulaire de la rubrique « Contrat et Vivant » de la Revue des Contrats et responsable de l’entrée « Génétique » du Dictionnaire permanent Santé, bioéthique. Elle est également membre du GDR « Normes, sciences et techniques » et membre associée de l’Institut des Sciences Juridique et Philosophique de la Sorbonne (Université Paris 1 – CNRS, UMR8103).

J.-Rochfeld

Judith Rochfeld est professeure en droit privé et sciences criminelles à l’Université Paris I – Panthéon Sorbonne. Spécialisée en droit civil et en droit du numérique, elle mène une réflexion approfondie sur les notions fondamentales du droit privé et sur les communs. Elle est directrice du Master 2 « Droit du commerce électronique et de l’économie numérique et co-directrice du Master 1 « Droit du numérique – Parcours droit privé » de l’Université Paris I – Panthéon Sorbonne. Elle est également co-directrice du Département de recherche en droit de l’immatériel (DReDIS) de l’Institut de Recherche Juridique de la Sorbonne (IRJS) et membre fondateur de l’Association d’experts européens, Trans Europe Experts.

C.-Kirchner

Claude Kirchner est directeur de recherche émérite d’Inria, l’Institut national de recherche en informatique et mathématiques appliquées. Il est également président du Comité national pilote d’éthique du numérique (CNPEN) placé sous l’égide du Comité consultatif national d’éthique (CCNE).

L.-Castex

Lucien Castex est membre de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH).  Chercheur associé à l’Université Sorbonne-Nouvelle, il est spécialiste du droit et des politiques du numérique et enseigne le droit de la communication. Il est également co-président du comité d’organisation du Forum français sur la gouvernance de l’Internet et membre du Multistakeholder Advisory Group de l’IGF au niveau international.